BIBLID 0038-982X(2006): 2 p. 7-34

UDK 314.742:495.112"2001"

Originalni naučni rad

Primljeno: 26.10.2005.

 

 

IMMIGRATION ALBANAISE EN GRÈCE:

DIFFUSION ET DISPERSION DANS LE TERRITOIRE URBAIN. LE CAS DE THESSALONIQUE

 

Ifigeneia KOKKALI *

 

Introduction[1]

 

Depuis l’effondrement des régimes communistes en Union Soviétique et dans l’Europe de l’Est, suivi de la chute du "rideau de fer" et de la réunification de l’espace balkanique, la Grèce est devenue le lieu de réception de vagues migratoires nombreuses et répétées. Traditionnellement, un pays d’émigration, la Grèce est désormais une terre d’immigration.

L’arrivée massive des migrants a pour conséquence une augmentation considérable de la population des campagnes, des îles et des villes grecques. Ces dernières, en particulier, connaissent, parmi d’autres évolutions, une modification de leur structure ethno-socio-démographique, et perdent ainsi leur ancienne "homogénéité" culturelle.

Les migrants qui cherchent en Grèce une "Terre Promise" sont d’origines extrêmement variées: en premier lieu l’espace balkanique (Albanie, Bulgarie, Roumanie), mais aussi l’Europe de l’Est (Pologne,[2] République Tchèque), les Républiques de l’ex-Union Soviétique (Fédération de Russie, Géorgie, Kazakhstan, Ukraine, Moldavie), le Moyen Orient (Syrie, Egypte, Iraq), l’Asie (Pakistan, Inde, Bangladesh, Philippines), l’Afrique (Nigeria), l’Amérique Latine (Brésil). Toutefois, dans leur écrasante majorité, les migrants résidant actuellement en Grèce sont issus des pays balkaniques, et plus précisément d’Albanie.

Arrivés principalement en 1991, mais aussi en 1997, après la grande crise bancaire en Albanie (la dite "affaire des sociétés pyramidales"), les migrants albanais constituent la communauté – si l’on peut parler d’une seule communauté[3] – la plus nombreuse de toutes les communautés immigrées en Grèce. En effet, selon le dernier recensement, elle comprend 438.036 personnes (ESYE, 2001). On estime cependant qu’en réalité, les Albanais de Grèce sont entre 550.000 et 700.000, sur une population nationale actuelle de 11.2 millions. Le poids considérable de la communauté dans l’ensemble de la population justifie donc qu’on prenne tout particulièrement en considération le sujet de la migration albanaise, si l’on veut étudier les grandes mutations sociales, ethniques, démographiques, mais aussi urbanistiques du territoire grec.

Lorsque l’on considère cette migration particulière, un élément remarquable se dégage: sa dispersion dans le territoire national grec. En d’autres termes, les migrants albanais en Grèce sont omniprésents. Bien évidemment, Athènes constitue une destination principale. Mais, à la différence d’autres groupes migratoires originaires de pays plus lointains, les Albanais se retrouvent aussi dans de nombreuses régions du pays; ils présentent, ainsi, une répartition plus diffuse sur le territoire grec.

Cette diffusion caractéristique sur l’ensemble du territoire national semble se reproduire à une échelle plus petite, celle de l’espace urbain. Nous suggérons, ainsi, que la migration albanaise ne suit guère le chemin des migrations "classiques", qui se traduisent souvent par une concentration géographique, marquant ethniquement l’espace. Autrement dit, il ne se dégage pas de territoire géographique précis réservé aux Albanais à l’intérieur des villes.

L’objet de cette communication sera d’explorer les schémas migratoires albanais tant dans l’ensemble du territoire grec que dans le territoire urbain de Thessalonique. À travers l’exemple précis de cette ville, nous allons, de surcroît, étudier les conséquences de cette présence diffuse dans le territoire urbain.

 

 

Figure 1a.

Etrangers en Grèce par Préfecture (% de la population totale de chaque Préfecture). Recensement 1991

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Figure 1b.

Etrangers en Grèce par Préfecture (% de la population totale de chaque Préfecture). Recensement 2001

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source: Alvanides & Kotzamanis (2005).

 

 

Notre but, ainsi, sera de montrer la répartition des ménages et des individus d’origine albanaise à Thessalonique et de comparer leur concentration spatiale avec celle d’autres groupes de migrants. Pour cela, nous ferons appel à la cartographie; nous établirons une carte de la ville où apparaîtront les lieux de résidence des différents groupes migratoires à Thessalonique. Cela nous permettra de dessiner le "pattern" spatial que revêt la migration albanaise à Thessalonique, et d’éclaircir le mode d’insertion territorial des immigrés albanais.

Les résultats d’une telle étude permettront d’établir clairement quelques caractéristiques de cette migration singulière et de nous interroger sur celles-ci. Ainsi, s’il n’existe pas d’enclaves ou de colonies albanaises à Thessalonique, il faut supposer que les Albanais n’ont pas à subir la forme d’exclusion supplémentaire que connaissent maintes communautés d’immigrés: la ségrégation spatiale et la ghettoïsation.

En définitive, il est à souligner que Thessalonique sera notre terrain de référence pour un ensemble de raisons; en premier lieu, elle est la deuxième métropole grecque après Athènes, historiquement un centre urbain balkanique, et également la deuxième destination majeure des migrants venant s’installer en Grèce, les immigrés albanais y compris. De surcroît, les études qui se sont développées autour du problème des immigrations récentes en Grèce privilégient le terrain d’Athènes, ce qui fait que Thessalonique reste pour la recherche, notamment universitaire, terra incognita.

 

Distribution spatiale des immigrants dans le territoire grec

Auparavant connus comme des terres d’émigration, les pays du sud européen (Portugal, Espagne, Italie, Grèce) voient, au début des années 70, une diminution de leurs sorties, et par la suite, entre 1975 et 1985, l’augmentation des retours de leurs expatriés. Depuis la fin des années 80, ils sont devenus, à leur tour, des terres de réception des immigrés (Kotzamanis, 2004).

La Grèce ne fait pas exception à la règle: pays d’émigration traditionnelle au cours des quatre premières décennies de l’après-guerre, le pays compte maintenant, selon le dernier recensement (2001), 762.000 personnes étrangères. On doit cependant considérer ce chiffre comme inexact, compte tenu de la part non-négligeable de migrants sans documents qui n’apparaissent pas dans les statistiques. Selon certaines estimations, le nombre des étrangers en Grèce, en 2002, dépasse 800.000 et atteint peut-être le million.[4]

Il existe cependant une spécificité de l’évolution démographique grecque par rapport aux autres pays sud-européens. Dans la mesure où la Grèce fait également partie de l’ensemble géopolitique des Balkans, le pays a été soumis à un impact d’immigration distinct: la Grèce a plus immédiatement subi les conséquences de l’effondrement des régimes communistes des pays de l’Europe de l’Est, dont quelques-uns partagent des frontières avec elle. En d’autres termes, contrairement aux expériences de l’Espagne, du Portugal et de l’Italie, la vaste majorité des migrants présents actuellement en Grèce viennent des pays ex-communistes, qui suivent des processus transitoires afin d’entrer dans le système des économies de marché (Cavounidis, 2002: 45, 46).

Ainsi, les étrangers issus des pays de l’Europe de l’Est constituent, en 2001, 69,8% des étrangers en Grèce.[5] Parmi les étrangers recensés, 58% sont originaires d’Albanie et 17% des 7 autres pays ex-socialistes, c’est-à-dire la Bulgarie, la Roumanie, la Pologne, la Russie, l’Ukraine, la Georgie et l’Arménie, soit 75% du total.[6] Les ressortissants issus d’autres pays, comme l’Allemagne réunifiée, Chypre, les Etats-Unis ou l’Australie ne représentent que 9%. Si l’on ajoute les autres pays de l’Union européenne, on atteint à peine 13%. En outre, les ressortissants de 6 pays les plus représentés d’Afrique et d’Asie, c’est-à-dire la Turquie, l’Egypte, le Pakistan, l’Inde, l’Irak et les Philippines, ne constituent que 6,5 % des immigrés recensés (Kotzamanis, 2004).

Ces migrants originaires de pays très différents les uns des autres présentent des modes d’insertion territoriale extrêmement variés. Afin d’éclaircir leur distribution spatiale, nous allons discerner parmi eux deux grands groupes: un premier, constitué par les migrants originaires des Républiques de l’ex-Union soviétique, des pays balkaniques et de l’Europe de l’Est; un second groupe comprenant les immigrants issus des pays plus lointains, c’est-à-dire d’Afrique, d’Asie ou des Amériques.

Cette catégorisation permet de dégager un élément significatif de l’immigration en Grèce: certains groupes migratoires ne sont présents quasiment que dans l'agglomération athénienne, alors que d'autres sont dispersés dans de nombreuses régions du pays. Ainsi, le groupe des immigrés venus des pays les plus lointains (Afrique, Moyen et Extrême Orient) est concentré à plus de 70-80% dans la capitale (Sintès, 2002). En revanche, les migrants originaires de l’Europe de l’Est (Figure 2), mais aussi ceux qui sont issus des Républiques de l’ex-Union soviétique, présentent une répartition différente sur le territoire grec.

Figure 2.

Répartition dans le territoire grec de la population migratoire

 issue de l’Europe Centrale (2001)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source: Alvanides & Kotzamanis, 2005.

 

 

Les migrants originaires des pays d’Afrique et d’Asie présentent une nette concentration en Attique (Pirée excepté): respectivement 72,49% et 72,64% de leur population résidant actuellement en Grèce. En ce qui concerne les ressortissants des pays d’Europe de l’Est et ceux originaires des pays balkaniques, ce schéma change radicalement: leur taux de concentration en Attique (Pirée excepté) est respectivement de 40,91% et 40,03%. On notera cependant que la présence dans la capitale des migrants des pays est-européens non-balkaniques atteint 71,37% de l’ensemble de leur population en Grèce. Les personnes de nationalité autre qu’hellénique issues des Républiques de l’ex-Union Soviétique offrent une répartition beaucoup plus équilibrée dans le territoire grec: nous retrouvons ainsi 31,88% d’entre eux dans l’agglomération athénienne et, à Thessalonique, un taux très comparable de 27,43%.[7]

Le cas des migrants albanais: diffusion

dans le territoire national

Dans ce contexte, le cas spécifique de l’immigration albanaise peut être qualifié de singulier: les Albanais présentent une répartition dans le territoire national très diffuse par rapport aux autres groupes de migrants, bien que leur destination principale reste Athènes et son agglomération.

Les Albanais constituent 4,01% de la population de Grèce; leur taux de présence par rapport aux populations dans les Départements de Thessalonique et d’Athènes, (Nomos – NUTS III), atteint 2,92% et 5,19%.[8]

En comparaison, les Bulgares, qui forment le deuxième groupe de migrants en Grèce, sont nettement moins nombreux: ils constituent 0,32% de la population totale de Grèce, ainsi que 0,27% de la population du Département de Thessalonique et 0,31% de la population du Département d’Athènes. Cependant, alors que leurs taux de présence par rapport aux populations respectives de ceux deux ensembles spatiaux sont quasiment les mêmes, à la différence des Albanais, la répartition des Bulgares dans le territoire grec est beaucoup moins diffuse. En effet, en comparant ces deux groupes, à l’aide des Figures 3a et 3b ci-dessous présentées, nous constatons que les Albanais sont omniprésents dans le territoire grec, même dans les endroits très montagneux et isolés (îles). En revanche, les Bulgares sont très concentrés à Thessalonique et à l’agglomération athénienne. En dehors de ces deux métropoles grecques, ils se retrouvent surtout en Macédoine et en Thrace (peut-être par un effet de proximité avec la Bulgarie), et, pour la Grèce du Sud, dans le Péloponnèse, en Thessalie et en Crète.

 

 

Figure 3a.

Répartition dans le territoire grec de la population migratoire bulgare (2001)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Figure 3b.

Répartition dans le territoire grec de la population migratoire albanaise (2001)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source: Alvanides & Kotzamanis, 2005.

 

Immigration albanaise: diffusion dans le territoire urbain.

L’exemple de Thessalonique

La diffusion caractéristique des migrants albanais sur l’ensemble du territoire national semble se reproduire aussi à l’échelle de l’espace urbain. Il nous semble, en effet, qu’il ne se dégage pas de territoire géographique précis réservé aux Albanais à l’intérieur des villes, au moins, jusqu’en 2001. Nous nous efforcerons d’examiner cette hypothèse à travers l’exemple de Thessalonique, pour les raisons déjà avancées en introduction.

Ségrégation spatiale dans les métropoles grecques et

la place des immigrants albanais

Les métropoles grecques, Athènes et Thessalonique, ne suivent guère, en matière de ségrégation, les schémas des métropoles du monde industrialisé. Elles ne sont cependant pas complètement épargnées par les phénomènes de ségrégation socio-spatiale. Il existe, malgré tout, des segmentations du territoire relatives aux différentes strates socioprofessionnelles de la population. La ségrégation sociale dans la Conurbation du Grand Athènes est pourtant moins intense que dans les grandes villes ouest-européennes et nord-américaines. C’est le cas de toutes les grandes agglomérations grecques, et de Thessalonique plus particulièrement; en effet, Athènes et Thessalonique se trouvent loin du modèle des "villes globales" de Sassen, se rapprochant plutôt d’un prototype de ville sud-européenne, où le développement et l’expression des phénomènes de "nouvelle pauvreté" sont limités par des dispositifs et des structures privilégiant la cohérence sociale et la stabilité spatiale (Maloutas, 1999: 221-222). 

La mixité sociale des villes grecques est le produit d’un développement urbain caractérisé, historiquement, par une implication directe de l’Etat très limitée, à plusieurs titres: Etat-Providence, logement et planification urbaine. L’absence quasi-totale de cette dernière a contribué à la fragmentation de la propriété urbaine, et ainsi à une ample diffusion des profits au sein des couches populaires en processus d’urbanisation: à travers la petite propriété, ces groupes ont évité la marginalisation et ont renforcé leur position dans une petite bourgeoisie nombreuse (Vaiou, 2002:380-381).  

En général, Maloutas (1992) retient cinq causes de la non- polarisation de l’espace athénien, qui peuvent être projetées et généralisées à l’ensemble de l’espace urbain grec. La faible polarisation de la société grecque, ainsi que l'importante mixité dans l'usage du sol (où se côtoient industries, commerces, zones d'habitation et de distraction) sont les deux premières. Par la suite, un rôle décisif est joué par les pratiques irrégulières de l'espace, qui favorisent des sociabilités de quartier, en freinant, ainsi, considérablement mais pas toujours, la mobilité résidentielle. Par ailleurs, la domination des critères de la classe moyenne – petite bourgeoisie – dans la reproduction sociale n'entraîne pas une claire séparation entre couches moyennes et populaires; enfin, les pratiques des Grecs dans l'acquisition des logements, tirant profit de l’absence de planification urbaine et de la non- implication de l’Etat, sont d’une haute importance pour cette non- polarisation.

Selon Emmanouel (2002), les processus de ségrégation géographique dans la Conurbation du Grand Athènes ne semblent pas augmenter au début des années ’90 en comparaison de la décennie précédente. En outre, durant la période 1988/1989-1993/1994 les disparités à Athènes ont diminué à un faible degré entre les couches supérieures et les couches inférieures.[9] A la différence des deux catégories supérieures, la couche inférieure présente un déclin relatif, tant au niveau de vie qu’aux conditions du logement. Cela est dû partiellement à l’arrivée de migrants économiques au sein de cette couche, mais pas uniquement (Emmanouel, 2002: 55, 58-59).

Cependant, selon Augerinou – Kolonia (2002: 381), les phénomènes de ségrégation socio-spatiale et de marginalisation augmentent légèrement dans les villes grecques, sans atteindre pour autant à la ghettoïsation. En outre, on constate que ces phénomènes ne concernent pas spécifiquement les populations immigrées, mais les populations défavorisées en général: nouveaux chômeurs, retraités, jeunes et migrants.

Dans le cas de Thessalonique, les divisions socio-spatiales ne sont pas non plus très marquées, pour les mêmes raisons avancées ci-dessus. De surcroît, les couches de populations dites petites- moyennes, qui sont en voie de développement, s'étendent et se dispersent partout dans la ville, ce qui empêche qu’une très forte ségrégation géographique s’établisse (Lamprianidis, Lymperaki, 2001: 208-210, Hatziprokopiou, 2004: 330). La ville n’est pas pour autant uniforme socialement: les quartiers à l’est du centre-ville de Thessalonique sont les lieux où résident principalement les couches sociales supérieures ou aisées. Il existe dans ces quartiers un haut équipement physique et social, tandis que les quartiers ouest sont sous-équipés et caractérisés par un environnement beaucoup plus pollué que celui des quartiers est. En règle générale, la partie ouest de la ville constitue le lieu de résidence de couches sociales plutôt populaires, même s’il y a des exceptions (Maloutas, 2000: 46-47).

Malgré cette controverse d’avis à propos de l’augmentation ou la diminution de la ségrégation spatiale dans les villes grecques ces dernières années, nous pouvons affirmer qu’en général, la hiérarchie spatiale reste très peu accusée. Dans cet espace peu polarisé, les migrants sont venus combler les vides laissés par les mouvements internes de la population grecque, dus souvent à l’augmentation des revenues et l’élévation du niveau de vie (Kotzamanis, 1997: 11-12, Tzortzopoulou, 2002: 225-226). Le cas des immigrés albanais paraît représentatif de ce schéma, car ils semblent être omniprésents dans le territoire urbain.

En effet, de nombreuses études empiriques suggèrent que les Albanais en Grèce ne sont pas ségrégés spatialement. Selon une enquête de DEPOS-MRC, en 1999 à Athènes, 5,5% environ des ménages avaient un chef de famille de nationalité autre qu’hellénique (78000 ménages et 225000 personnes), la taille moyenne par ménage étant de 2,9 personnes.[10] Du point de vue géographique, les ménages "étrangers"[11] résident à 40% dans la municipalité des Athènes (municipalité centrale/ centre-ville), à 22% dans les banlieues ouest "populaires" d’Athènes et du Pirée, à 19% au nord et au sud, dans les banlieues "chics", et à 11% dans les autres municipalités de la CGA, autour la municipalité d’Athènes. On constate que la nationalité du chef de ménage est albanaise dans 54% des cas, dont 35,2% habitent la municipalité d’Athènes, sans pour autant former d’enclaves albanais (Emmanouel, 2002: 55, 58-59).

La grande majorité des ménages allogènes (toute nationalité confuse) s’insèrent, sur la base de leurs caractéristiques socio-économiques, dans la strate inférieure de la population, souvent avec des indices économiques inférieurs à la moyenne de cette couche. Pourtant, il convient de noter qu’à la différence de la situation rencontrée au début des années 90, où les étrangers semblaient se concentrer dans la municipalité centrale d’Athènes, les données de 1999 montrent qu’il existe des rythmes très positifs de répartition et d’incorporation dans le tissu social et urbain de la ville (ibid.).

Il nous semble que les schémas de répartition des migrants, Albanais compris, dans le tissu urbain athénien au début et à la fin des années 90, ne sont pas étrangers à leur situation socio-économique et surtout à leur ascension sociale progressive pour la période 1991-2001. En effet, les primo-arrivants albanais du début des années 90 se concentrent dans les endroits les plus précaires des centres villes et, à Athènes plus particulièrement, dans les hôtels très dégradés et insalubres d’Omonoia (place centrale concentrant des populations très pauvres, mais aussi marginales), ce qui provoque une forte ghettoïsation. La conséquence directe d’un tel phénomène est la déqualification sociale, la ségrégation socio-spatiale et la marginalisation des nouveaux-arrivants (Psimmenos, 2001: 144). Or, l’enquête en question a été effectuée en 1991-1992, c’est-à-dire tout au début de la migration albanaise en Grèce; ceci dit que la situation, entre temps, s’est peut-être modifiée.[12]

Quant à Thessalonique, dans l’étude menée par Lamprianidis & Lymperaki (2001: 208-210), les habitations des Albanais interviewés se trouvent à proximité des couches sociales populaires grecques, plutôt dans le centre-ville et dans les quartiers ouest (Neapoli, Evosmos, Ampelokipoi), tandis qu’un pourcentage bien plus bas de migrants habite à l’Est de la ville. Quand cela est le cas, il convient de souligner qu’il s’agit d’habitations très précaires.

Bien que les migrants albanais semblent être dispersés dans le territoire urbain de deux métropoles grecques, leur répartition n’est toutefois pas homogène: la localisation de leurs habitations se situe dans les parties de la ville au profil socio-économique bas, à proximité des populations grecques défavorisées: dans le centre-ville et les banlieues ouest populaires de la Conurbation du Grand Athènes, et dans le centre-ville et les quartiers ouest de la Conurbation du Grand Thessalonique (Lamprianidis & Lymperaki, 2001: 208-210, Tzialas et al., 2001: 26).

Une petite enquête portant sur les Albanais résidant à Patras, la troisième plus grande ville grecque, permet d’ajouter à ces données quelques informations supplémentaires. En effet, il n’a pas été constaté une exclusion ou une marginalisation des immigrés albanais dans un endroit précis de la ville qui leur serait réservé. Si l’on constate une exclusion sociale et géographique, elle est due, selon la même étude, aux structures économiques et sociales existantes, et surtout à la politique du logement de l’Etat grec (Anagnostopoulos, 2002: 120).

La "diffusion" des migrants albanais à Thessalonique

Nous allons nous restreindre, désormais, au cas spécifique de Thessalonique, où nous nous efforcerons de montrer la répartition plutôt "équilibrée" dans la ville des ménages albanais, en nous appuyant sur des outils cartographiques.

Les habitations albanaises semblent être dispersées dans tout le territoire urbain, mais plus précisément dans le centre-ville et les parties populaires de Thessalonique. En d’autres termes, le logement des Albanais, qu’il soit acheté ou loué, est localisé à proximité d’une population grecque qui partage, peu ou prou, les mêmes caractéristiques socio-économiques. Ce phénomène semble logique, dans le cas de migrants qui, compte tenu de leurs revenus, entrent quasi-automatiquement dans les couches socio-économiques à bas revenus. Ainsi, même si l’on constate une concentration géographique des Albanais dans certains endroits de la ville, celle-ci s’explique plutôt par les caractéristiques socio-économiques des migrants.

En effet, nous constatons, avec l’aide des cartes qui suivent,[13] que les cinq plus importants groupes de migrants à Thessalonique, c’est-à-dire les Albanais, les Géorgiens, les Russes, les Arméniens et les Bulgares, sont particulièrement présents aussi bien dans la partie ouest de la Municipalité centrale de Thessalonique (Dimos Thessalonikis/Dème de Thessalonique) que à l’ouest de celle-ci. Cependant, il existe des différences majeures dans les "patterns" spatiaux de chaque communauté.

En ce qui concerne les migrants albanais, ils sont sur- représentés[14] à une très petite partie de la Municipalité de Thessalonique (région du port), qui est le seul "poche" de concentration d’Albanais dans la ville. Ils sont aussi très présents dans tout le centre-ville (à l’exception da la partie qui longe la mer où les loyers sont extrêmement élevés), mais aussi dans deux municipalités ouest de Thessalonique: la Municipalité de Menemeni et une partie de la Municipalité de Ampelokipoi. En d’autres termes, les Albanais sont sur- présentés à des degrés divers dans une large partie de la vile (la municipalité centrale – à quelques exceptions prêt – mais aussi aux deux grand dèmes ouest de celle-ci). Ceci est d’autant plus vrai si l’on compare la localisation des ménages albanais avec celles des autres quatre communautés précitées.

Avant d’avancer cette comparaison, il nous semble aisé d’expliquer que quant aux Russes et aux Géorgiens, il existe une particularité non- négligeable: un taux considérable parmi eux sont des rapatriés d’origine grecque. Ainsi, étant donné leur statut différent, la comparaison de leur distribution avec celle des Albanais ne serait pas parfaitement adéquate. Par ailleurs, selon d’autres études menées sur les rapatriés qui résidaient dans les Républiques de l’ex -Union soviétique, il paraît qu’ils ont tendance à s’installer en Grèce là où d’autres réfugiés ont été installés auparavant (à savoir les réfugiés de l’Asie Mineur dans les années 20). Ceci n’est pas étranger au fait que les deux communautés précitées sont plutôt concentrées, d’une part dans les endroits ouest de la municipalité centrale, et d’autre part à quelques petites poches au sein de certaines municipalités ouest de la Conurbation de Thessalonique: Ampelokipoi, Neapoli et Stavroupoli pour les Géorgiens (tout en ajoutant Eleytherio – Kordelio pour les Russes), (voir Figures 4c et 4d). 

A propos des Arméniens, eux non plus ne sont pas parfaitement appropriés pour être comparés avec les Albanais, étant donné que la communauté arménienne à Thessalonique date du 17ème siècle (Moskof, 1978: 20, 75-76). Bien que la plupart d’entre eux ont été assimilés au cours des siècles, il se peut que la communauté actuelle comprend également des descendants de ces "primo-arrivants" Arméniens. Au-delà de ce fait, les Arméniens sont sur- concentrés dans une toute petite portion de la ville: la partie ouest de la municipalité centrale, ainsi que dans certains endroits bien précis au sein de Stavroupoli et de Neapoli (voir Figure 4c).

Ainsi, une comparaison appropriée de la présence albanaise pourrait se faire qu’avec la communauté bulgare. Cette dernière se concentre à une très petite partie de l’agglomération urbaine de Thessalonique: la partie ouest du centre-ville, ainsi que dans quelques îlots situés à Ampelokipoi et à Stavroupoli. En d’autres termes, les Bulgares présentent une concentration considérable, ce qui n’est guère le cas des Albanais (voir Figure 4b).

Comme on a déjà mentionné, à l’exception d’une très forte concentration à proximité du port de Thessalonique, les migrants d’origine albanaise présentent une distribution considérablement diffuse dans la ville, avec une présence forte dans le centre-ville, la Municipalité de Menemeni et la moitié à-peu-près de la Municipalité de Ampelokipoi. Egalement, les territoires où ils sont peu présents – voire les parties est de la Municipalité centrale et sa corniche, ainsi que la Municipalité de Kalamaria – sont peu nombreux. Il est à souligner, de surcroît, que ces parties sont parmi les plus "chers" de la ville, ce qui expliquerait leur présence très réduite. Par conséquent, quand on compare les territoires où les Albanais sont sous- représentés avec ceux des autres communautés, on constate les différences phénoménales entre les uns et les autres.

Par conséquent, nous pouvons affirmer que les migrants d’origine albanaise sont omniprésents dans la ville, et que leur communauté ne constitue pas une réalité géographique précise dans le territoire de Thessalonique, ce qui la différencie d’autres groupes migratoires qui préfèrent former de petites communautés bien circonscrites géographiquement.

 

 

Figure 4a.

Quotient de localisation des immigrés albanais à la Conurbation de Thessalonique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source: ESYE (2001), notre rectification.

 

 

 

Figure 4b.

Quotient de localisation des immigrés bulgares à la Conurbation de Thessalonique

Source: ESYE (2001), notre rectification.

 

 

Figure 4c.

Quotient de localisation des immigrés géorgiens à la Conurbation de Thessalonique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source: ESYE (2001), notre rectification.

 

 

Figure 4d.

Quotient de localisation des immigrés russes à la Conurbation de Thessalonique

 

 

Source: ESYE (2001), notre rectification.

 

Figure 4e.

Quotient de localisation des immigrés arméniens à la Conurbation de Thessalonique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Source: ESYE (2001), notre rectification.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques conclusions et remarques

Dans la hiérarchie spatiale peu accusée des villes grecques, il semble que les migrants, Albanais et autres, sont venus combler les vides laissés par les mouvements internes de la population autochtone. Le cas des Albanais semblent confirmer ce schéma: de loin les plus nombreux parmi les populations immigrées venues s’installer en Grèce, mais aussi parmi les plus pauvres et défavorisées (et donc parmi les moins bien accueillies), les Albanais se sont installés partout dans la ville, quelles qu’aient été les conditions de logement. 

Nous avons supposé que la communauté albanaise ne constitue pas une réalité géographique précise dans le territoire de la métropole grecque. Dans le cas de Thessalonique, nous ne pouvons pas parler d’un regroupement strict des migrants albanais dans certaines parties. Même s’il existe des endroits où ils sont plus nombreux que dans d’autres, cela semble s’expliquer par des raisons socio-économiques, et plus précisément par le niveau des loyers. Ainsi, il n’existe pas de colonies ou grandes concentrations albanaises au sein de la ville; les migrants albanais sont logés un peu partout dans le territoire métropolitain – ce qui les distingue du reste des migrants – et surtout dans les mêmes endroits que la population autochtone ayant à-peu-près les mêmes caractéristiques socio-économiques.

Cette affirmation est basée sur une première analyse au niveau de l’espace circonscrit par les territoires délimités selon les Code Postaux. Il est évident que ceci ne suffit pas pour pouvoir confirmer l’hypothèse de la non- ghettoïsation. Au contraire, si l’on veut vérifier cette hypothèse, le même type d’analyse doit s’effectuer à des échelles spatiales plus fines (niveau du quartier ou du secteur de recensement), étude qu’on pense élaborer au sein de notre thèse de doctorat.

Par conséquent, à cette étape d’analyse, et selon les indications que nous disposons, on ne peut pas parler d’une concentration précise d’Albanais à Thessalonique. On notera, de plus, qu’une telle concentration de migrants ne signifierait pas forcement l’existence d’un quartier ethnique, l’ethnicisation de l’espace étant un processus long, dont les signes ne sont visibles que progressivement. Dans les limites de cette communication, nous n’avons pas examiné l’existence ou l’absence de signes d’”albanisation” de quartiers thessaloniciens où la présence albanaise est forte.

Toutefois, nous avons des raisons de penser que l’éventualité d’une telle ethnicisation de l’espace est peu probable: en plus de leur dispersion géographique, les Albanais semblent montrer une forte volonté de se fondre dans la société grecque. Nous pensons qu’en réalité, la dispersion des ménages albanais dans le territoire urbain fait également partie d’une stratégie d’adaptation et d’insertion dans la société grecque, et d’un désir d’y être accepté. Si l’on veut bien suivre cette hypothèse, on peut comprendre que les Albanais évitent d’établir une "centralité" ethnique où leurs pratiques pourraient se manifester, s’exposer et être reconnues.

Ceci s’expliquerait, en partie, par les manifestations de racisme rejetant et dévalorisant l’identité albanaise et les tendances xénophobes apparues dans la société grecque, dès l’arrivée des primo-migrants albanais. En effet, des questions identitaires et sécuritaires apparaissent dans le débat national, en raison – entre autres – d’une nouvelle mise en valeur de l’idée d’”hellénicité”, qui accompagne toute une série d’événements et des situations politiques: la "cause macédonienne", l’incertitude des frontières avec la Turquie et la Bulgarie, etc. A ces phénomènes s’ajoute l’arrivée massive d’étrangers qui renforce davantage le sentiment d’incertitude à propos de l’identité grecque, la "pureté" de la langue, ainsi que de l’ethnie – nation[15] (Grammatikopoulou, 2000: 8-9, 16-17). En définitive, les courants très intenses de migrants qui traversent la Grèce ou s’y installent ont participé à la création d’un véritable choc pour la population autochtone. Il faut rappeler que rien n’y avait préparé la Grèce qui n’avait connu jusqu’alors qu’une longue histoire d’émigration et n’avait jamais tenu le rôle de pays d’accueil.

Tout ceci, accentué par l’image négative des Albanais dans les média grecs, a généré une certaine "Albanophobie", qui rend a priori difficile l’insertion des migrants albanais dans la société hellénique. C’est pourquoi – il nous semble – les migrants albanais à Thessalonique chercheraient à se fondre dans la société d’accueil, tout en évitant de constituer des communautés géographiquement déterminées et ethniquement marquées. Une analyse plus approfondie nous confirmera (ou non) si les Albanais de Thessalonique sont installés (ou non) à proximité de leurs compatriotes et s’ils forment (ou non) une communauté ethnique bien définie à une échelle urbaine plus fine que celle désignée par le Code Postal.


 

 ANNEXE

 

Tableau 1.

Etrangers issus des pays balkaniques par citoyenneté et motif principal d'installation en Grèce

Recensement 18 mars 2001

Citoyenneté

Motif d'installation

Total

Travail

%

Rapatriement

%

Réunification familliale

%

Etudes

%

Demande d'asyle

%

Refugié

%

Autre raison

%

1

2

 

3

 

4

 

5

 

6

 

7

 

8

 

Etrangers

en Grèce

762.191

413.214

54,21

51.694

6,78

99.968

13,12

20.787

2,73

9.980

1,31

2.368

0,31

164.180

21,54

Albanie

438.036

240.656

54,94

11.869

2,71

69.949

15,97

8.263

1,89

927

0,21

35

0,01

106.337

24,28

Bulgarie

35.104

27.504

78,35

397

1,13

2.624

7,47

441

1,26

158

0,45

43

0,12

3.937

11,22

Yougoslavie

3.832

2.206

57,57

64

1,67

360

9,39

152

3,97

233

6,08

5

0,13

812

21,19

Croatie

219

98

44,75

1

0,46

25

11,42

16

7,31

0

0,00

1

0,46

78

35,62

Roumanie

21.994

17.337

78,83

447

2,03

1.425

6,48

229

1,04

1.340

6,09

219

1,00

997

4,53

Bosnie-Herzegovine

294

163

55,44

1

0,34

15

5,10

26

8,84

4

1,36

0

0,00

85

28,91

Slovenie

54

36

66,67

0

0,00

2

3,70

4

7,41

0

0,00

0

0,00

12

22,22

FYROM (Macédoine)

747

460

61,58

14

1,87

66

8,835

59

7,9

0

0

0

0

148

19,81

Source: ESYE (2001), notre rectification.

 

 

Graphique 1.

Population immigrée en Grèce (3 derniers recensements)

 

 Source : ESYE (2001), Alvanides & Kotzamanis (2005), notre rectification.

 

 

 

 

 

 

 

Tableau 2a.

Population (de jure) en Grèce de nationalité étrangère par grands ensembles géographiques dans les départements de Thessalonique et d’Athènes et dans l’ensemble du pays*

 Recensement 18 mars 2001

Nationalité étrangère/ grands ensembles géographiques

Grèce

Département de Thessalonique (Nomos-NUTS III)

Départements d’Athènes, d’Attique Est et d’Attique Ouest

Département de Thessalonique (Nomos-NUTS III)

Départements d’Athènes, d’Attique Est et d’Attique Ouest

Population étrangère par grands ensembles géographiques

% de la population de l'ensemble de ce groupe

Nationalité étrangère- Total

761813

66941

329191

8,79

43,21

Afrique

14247

494

10327

3,47

72,49

% de la population étrangère

1,87

0,74

3,14

 

 

Amérique

2024

124

983

6,13

48,57

% de la population étrangère

0,27

0,19

0,30

 

 

Asie

56030

1397

40701

2,49

72,64

% de la population étrangère

7,35

2,09

12,36

 

 

Moyen Orient

23248

945

18060

4,06

77,68

% de la population étrangère

3,05

1,41

5,49

 

 

Reste des pays d'Asie

32782

452

22641

1,38

69,07

% de la population étrangère

4,30

0,68

6,88

 

 

Europe de l'est

514604

36704

210523

7,13

40,91

% de la population étrangère

67,55

54,83

63,95

 

 

Pays Balkaniques

500226

35977

200262

7,19

40,03

% de la population étrangère

65,66

53,74

60,83

 

 

Reste de pays de l'Europe de l'est

14378

727

10261

5,06

71,37

% de la population étrangère

1,89

1,09

3,12

57,54

 

Republiques de l'ex USSR

70892

19446

22603

27,43

31,88

% de la population étrangère

9,31

29,05

6,87

 

 

* À l'exception de pays de l'UE des 15, de Chypre, d’Autriche, de Suisse, de Norvège, d’Australie, de Nouvelle Zélande, d’Amérique du Nord et du Japon. En outres, les nationalités qui présentent moins de 200 personnes en Grèce ont été rejetées.

Source: ESYE (2001), notre rectification.

 

 

 


Tableau 2b.

Population (de jure) en Grèce de nationalité étrangère par grands ensembles géographiques et par pays dans les départements de Thessalonique et d’Attique et dans l’ensemble du pays*

Recensement 18 mars 2001

 

Grèce

Département de Thessalonique (Nomos-NUTS III)

Départements d’Athènes, d’Attique Est et d’Attique Ouest

Département de Thessalonique (Nomos-NUTS III)

Départements d’Athènes, d’Attique Est et d’Attique Ouest

Population étrangère

% de la population de l'ensemble de ce groupe

Population totale de Grèce

10934097

1084001

3341123

 

 

Nationalité étrangère

761813

66941

329191

8,79

43,21

Europe de l'est

514604

36704

210523

7,13

40,91

% de la population étrangère

67,55

54,83

63,95

 

 

Pays Balkaniques

500226

35977

200262

7,19

40,03

% de la population étrangère

65,66

53,74

60,83

 

 

Albanie

438036

31611

181311

7,22

41,39

Bosnie-Herzégovine

294

26

141

8,84

47,96

Bulgarie

35104

2931

9502

8,35

27,07

Yougoslavie

3832

479

1090

12,50

28,44

Croatie

219

19

92

8,68

42,01

Roumanie

21994

723

8072

3,29

36,70

Macédoine

747

188

54

25,17

7,23

Reste de pays de l'Europe de l'Est

14378

727

10261

5,06

71,37

% de la population étrangère

1,89

1,09

3,12

57,54

 

Hongrie

538

166

171

30,86

31,78

Pologne

12831

191

9885

1,49

77,04

Slovaquie

332

77

71

23,19

21,39

République Tchèque

677

293

134

43,28

19,79

Republiques de l'ex USSR

70892

19446

22603

27,43

31,88

% de la population étrangère

9,31

29,05

6,87

 

 

Arménie

7742

2962

1733

38,26

22,38

Géorgie

22875

10467

3040

45,76

13,29

Kazakhstan

2256

483

1068

21,41

47,34

Biélorussie

350

26

122

7,43

34,86

Moldavie

5716

106

3157

1,85

55,23

Ouzbékistan

802

133

269

16,58

33,54

Ukraine

13616

657

7367

4,83

54,11

Fédération de Russie

17535

4612

5847

26,30

33,34

* À l'exception de pays de l'UE des 15, de Chypre, d’Autriche, de Suisse, de Norvège, d’Australie, de Nouvelle Zélande, d’Amérique du Nord et du Japon. En outres, les nationalités qui présentent moins de 200 personnes en Grèce ont été rejetées.

Source: ESYE (2001), notre rectification.

 

 

 

Tableau 2c.

Etrangers qui travaillent en Grèce par nationalité et par grand ensemble géographique*

Grece

Total

Departement

d'Athenes

Departement de Thessalonique

 

Effectifs

Effectifs

%

Effectifs

%

Βαlkans

 

 

 

 

 

Albanie

226301

72048

31,84

16513

7,30

Bulgarie

23147

6350

27,43

1751

7,56

Yougoslavie

1916

475

24,79

204

10,65

Roumanie

14808

4830

32,62

387

2,61

Reste de pays de l'Europe de l'Est

 

 

 

 

 

Pologne

7333

5421

73,93

99

1,35

Méditerranée Est

 

 

 

 

 

Syrie

3679

2443

66,40

72

1,96

Turquie

2469

1679

68,00

207

8,38

Egypte

4823

2896

60,05

71

1,47

Republiques de l'ex Union Sovietique

 

 

 

 

 

Georgie

11181

1777

15,89

5024

44,93

Kazakstan

957

285

29,78

224

23,41

Fédération de Russie

7855

2105

26,80

1958

24,93

Ukraine

8356

4610

55,17

294

3,52

Asie

 

 

 

 

 

Inde

6062

697

11,50

17

0,28

Iraq

2662

2361

88,69

11

0,41

Pakistan

9238

4820

52,18

11

0,12

Philippinnes

4948

4190

84,68

123

2,49

Afrique

 

 

 

 

 

Nigéria

1183

1024

86,56

114

9,64

* Ils ont été choisi les nationalités qui comptent plus de 1000 personnes en Grèce. Ils ont été exceptés les personnes issues de l'UE de 15, de Chypre, d'Autsralie et des Etats-Unis.

Source: ESYE (2001), notre rectification.

 

 

 

 

 

 

 

 


Tableau 3.

Population (de jure) de Grèce et population (de jure) de nationalité albanaise en Grèce

Recensement 2001

Grèce, département de Thessalonique et d’Athènes (Nomos – NUTS III)

 

Grèce

Département de Thessalonique

Département d’Athènes

Population totale

10.934.097

1.084.001

2.805.262

Population de nationalité albanaise

438.036

31.611

145.544

Nationalité albanaise sur l’ensemble de la population (%)

4,01

2,92

5,19

Population de nationalité bulgare

35104

2931

8.698

Nationalité bulgare sur l’ensemble de la population (%)

0,32

0,27

0,31

  Source: ESYE (2001), notre rectification.

 

 

Bibliographie

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SINTES, Pierre (2002). Immigration, réseaux et espace métropolitain. Le cas Athénien, in Cahiers de la Méditerranée, vol 64; Les enjeux de la métropolisation en Méditerranée, June, found in http://revel.unice.fr/cmedi/document.html.

VAIOU, Dina (2002). "In the Interstices of the City: Albanian Women in Athens", in Espace, Populations, Sociétés, 2002-3, p.p. 373-385.

 

 

Ifigeneia Kokkali

Immigration albanaise en Grèce: Diffusion et dispersion

dans le territoire urbain. Le cas de Thessalonique

Résumé

L’immigration albanaise en Grèce peut être qualifiée de singulière: à la différence d’autres groupes de migrants qui ont tendance à se concentrer dans des régions spécifiques, essentiellement l’agglomération athénienne, les immigrés albanais en Grèce sont dispersés sur l’ensemble du territoire national. Cette spécificité paraît d’autant plus affirmée que la répartition de l’immigration albanaise semble obéir au même schéma à l’intérieur même des centres urbains.

L’objet de cette communication sera de mettre en valeur cette double spécificité de l’immigration albanaise, dans le territoire national grec, mais aussi dans le territoire urbain, à travers l’exemple de Thessalonique. Notre but, ainsi, sera de montrer la répartition des ménages et des individus d’origine albanaise à Thessalonique et de comparer leur distribution spatiale avec celle d’autres groupes de migrants. Cela nous permettra de dessiner le "pattern" spatial que revêt la migration albanaise à Thessalonique, et d’éclaircir le mode d’insertion territorial des immigrés albanais.

Mots clés: migrations internationales, pays d’immigration, quartiers /colonies/ enclaves ethniques, ségrégation spatiale, répartition /diffusion

 

Ifigeneia Kokkali

Albanska emigracija u Grčkoj: razmeštaj i koncentracija

u gradskim područjima. Primer Soluna

R e z i m e

Albanska emigracija u Grčkoj se može okarakterisati kao specifična. Za razliku od drugih grupa doseljenika, koji teže da se koncentrišu na određenim područjima, a pre svega na području Atine,  Albanci su razmešteni na čitavoj teritoriji Grčke. Ta osobenost se čini mnogo značajnijom od činjenice da je razmeštaj albanskih doseljenika u okvirima urbanih centara u skladu sa opštim modelom prostornog razmeštaja migrantskog stanovništva.

U radu su sagledane dve specifičnosti albanskih migranata, s jedne strane, na području Grčke kao celine, a s druge, na urbanim područjima, i to na primeru Soluna. Prikazan je razmeštaj domaćinstava i stanovništva albanskog porekla u Solunu i izvršeno je poređenje njihovog i prostornog razmeštaja ostalih migrantskih grupa. To je omogućilo da se definiše prostorni model albanskih emigranata u Solunu i način njihove prostornog rasporeda.

Ključne reči: spoljne migracije, zemlja prijema, gradske etničke enklave, prostorna segregacija,  prostorni razmeštaj, Grčka, Solun, Albanci

 

 

Ifigeneia Kokkali

Albanian Immigration to Greece: Diffusion and Dispersion

in Urban Area. The Case of Thessaloniki

S u m m a r y

Albanian immigration in Greece could be qualified as singular, given its ample repartition throughout the national territory, which is not the case for other migrant groups that tend to be concentrated in specific areas, in particular, in the Athenian agglomeration. This "exemplary" migration seems to generate comparable patterns even within the urban space.

The object of this paper will be to relate these two portrayals of Albanian migration: within both the national Greek territory and the urban space, through the example of Thessaloniki. Our objective will thus be to illustrate Albanian households’ repartition in Thessaloniki and to compare their spatial distribution with the distribution of other migrant groups. In this way, we will be able to demonstrate the spatial pattern that Albanian migration takes on in Thessaloniki, as well as to reveal the Albanian immigrants’ mode of territorial insertion.

Key words: international migrations, immigration country, neighbourhood /colonies/ ethnic enclaves, spatial segregation, repartition/ diffusion

 

 



* Institut Français d'Urbanisme, Paris.

[1] Cette communication ne serait pas réalisée sans l’aide précieuse de Byron Kotzamanis, de Serafim Alvanides et de Michalis Agorastakis. Je les remercie infiniment.

[2] Cependant, il faut souligner que l’immigration polonaise est plus ancienne. Ainsi, la majorité  des polonais, vivant actuellement en Grèce est arrivée avant 2001.

[3] L’usage du pluriel serait justifié. En effet, les caractéristiques de l’immigration albanaise en Grèce varient considérablement selon la société ou la région de départ en Albanie (selon que les immigrants viennent du Nord ou du Sud, la religion ou le dialecte utilisé ne seront pas le même, etc.; selon la ville ou le village, l’attitude des migrants en espace urbain dans la société d’accueil diffère, etc.). Il serait donc plus approprié de parler de "migrations" au lieu d’une seule "migration", et de même des "communautés" au lieu d’une seule "communauté". Le but de cette étude n’est cependant pas de mettre en valeur les différences de cette sorte, ni de distinguer plusieurs communautés et migrations albanaises. Nous nous contenterons donc de parler d’une migration albanaise considérée comme "homogène", même si  une telle schématisation relève davantage de la convention que de la réalité. 

[4] Estimation Baldwin – Edwards (2002).

[5] Voir Graphique 1, en Annexe.

[6] Il faut, cependant, souligner: a) qu’en 1991 les immigrés issus des pays balkaniques constituent une partie tout-à-fait négligeable des étrangers résidant en Grèce à cette année, lesquels, par ailleurs, sont aussi très peu nombreux (voir Figure 1a et 1b en Annexe) par rapport à 2001 (tout en précisant que tous les étrangers présents en Grèce au ne sont pas recensés), et, b) que la majorité des personnes recensées en tant qu’"étrangers" en Grèce au dernier recensement ont déclaré entrer dans ce pays pour travailler (ou pour rejoindre un membre de famille qui travaillait déjà en Grèce). Ceci est d’autant plus remarquable dans le cas des "étrangers" originaires des Balkans (et plus précisément des Albanais, des Bulgares et des Roumains, qui sont de loin les ressortissants balkaniques les plus nombreux). En effet, parmi les membres de ces groupes, les personnes ayant déclaré comme motif principal la recherche d’un emploi représentent 54,94%, 78,35% et 78,83% du total (voir aussi Tableau 1 en Annexe). De même, la réunification familiale (migration induite) concerne 15,97% des Albanais, 7,47% des Bulgares et 6,48% des Roumains. Etant donné tout ceci, nous nous permettrons – quand il s’agit de 2001 – de se référer à des "migrants" et point à des "étrangers". Ceci est d’autant plus vrai à propos des "étrangers" issus des Balkans, "immigrants" par excellence; notre présomption est encore plus vraie à propos des immigrants albanais, qui vont nous intéresser ici plus particulièrement.

[7] Pour tout ceci, voir aussi Tableau 2a, Tableau 2b et Tableau 2c dans l’Annexe.

[8] Voir aussi Tableau 3, en Annexe.

[9] La catégorisation en trois groupes (supérieures, moyennes, inférieures) est arbitraire; elle synthétise une catégorisation plus détaillée en groupes socioprofessionnels, faite pour une série d’enquêtes de DEPOS 1989/1990.

[10] Etant donné que dans les enquêtes échantillonnées les minorités sont sous-estimées, il est aisé de supposer qu’en 1999 il y avait à Athènes au moins 85000 ménages (ce qui correspond à 250000 personnes) dont le chef avait une nationalité étrangère.

[11] Il est intéressant de noter que dans 42% des ménages dont le chef est allogène, l’épouse est de nationalité grecque. 

[12] Les limites de cette communication ne nous permettent pas d’aborder ici le sujet spécifique des primo-arrivants albanais.

[13] Il est essentiel de souligner que:

a) Il existe des municipalités/ communes de Thessalonique (ou mieux de la Conurbation du Grand Thessalonique) pour lesquelles il n’y a pas de données disponibles (soit de données cartographiques soit de données de population). Ces municipalités/ communes, qui n’ont pas été prises en considération, sont: la commune de Eykarpia, ainsi que les Municipalités de Polihni, Triandria et Panorama.

b) Les découpages géographiques de nos cartes sont faits sur la base des Codes Postaux. Il faut souligner que ceci est différent des découpages par municipalité/ commune. Dans quelques cas – mais ceci rarement – les deux niveaux (du Code Postal et des Municipalités/ communes) sont les mêmes, comme par exemple la Municipalité de Agios Pavlos, où la densité de la population est plutôt faible. Au contraire, là où les densités de la population sont très hautes, une seule municipalité/ commune est divisée en plusieurs secteurs, ce qui signifie que plusieurs Codes Postaux correspondent à cette municipalité. L’exemple principal est ici celui de la Municipalité centrale de Thessalonique. Cependant, il existe des municipalités dont la surface est très large mais qu’elles sont représentées par un seul Code souligner que ceci est différent des découpages par municipalité/ commune. Dans quelques cas – mais ceci rarement – les deux niveaux (du Code Postal et des Municipalités/ communes) sont les mêmes, comme par exemple la Municipalité de Agios Pavlos, où la densité de la population est plutôt faible. Au contraire, là où les densités de la population sont très hautes, une seule municipalité/ commune est divisée en plusieurs secteurs, ce qui signifie que plusieurs Codes Postaux correspondent à cette municipalité. L’exemple principal est ici celui de la Municipalité centrale de Thessalonique. Cependant, il existe des municipalités dont la surface est très large mais qu’elles sont représentées par un seul Code Postal (l’exemple de Pylea est très parlant). Ceci est problématique pour notre étude car il s’agit – dans ces cas là – des découpages spatiaux de très grande échelle.

c) Ainsi, l’échelle spatiale de nos cartes n’est pas la plus appropriée. Il serait plus adapté d’utiliser un découpage à plus basse échelle, étant donné que l’échelle utilisée se réfère souvent à des grands ensembles spatiaux.

d) Ceci signifie que même si la distribution des migrants albanais est diffuse sur nos cartes, les ensembles spatiaux qu’on utilise, vu leur taille, peuvent "masquer" des concentrations "ethniques" dans une échelle plus petite, ce qui pourrait, par la suite, éroder nos hypothèses. De même, nous ne sommes pas capables, pour l’ instant, de vérifier si malgré leur diffusion géographique sur le territoire de Thessalonique, les migrants albanais ne sont pas ghettoïsés au niveau du quartier ou même de secteur de recensement.

[14] En noir sur la Figure 4a.

[15] La Nation Hellénique est identifiée en termes d’ethnicité – ethnie. Déjà, "nation" en grec est traduit par "Ethnos", qui implique évidemment l’ethnique.